Une intégration difficile en cycle ingénieur de l'EPITA

Notre blog a accompagné les promotions EPITA 2018, 2019 et 2020 dans leur première année du cycle ingénieur. Avec la logique d'intégration "décalée" pour un petit séminaire de pre-rentrée orientée "apprentissage du coding" de deux puis maintenant une semaine, avant de retrouver tous les Epitéens ayant fait leur prépa intégrée pour le début "officiel" du cycle ingénieur.

Classiquement le taux d'abandon de ce cycle d'admission parallèle est "très significatif". les différents témoignages recueillis parlent d'environ 50% d'abandons dans les premières semaines (de très nombreuses réorientations ont lieu au tout début de l'année, les étudiants comprenant que le niveau informatique nécessaire pour suivre le rythme de la piscine est de la suite est très significatif - ils préfèrent rejoindre une autre filière sans perdre une année complète). Nous avons ainsi rencontré de nombreux abandons en fin de premier semestre, les notes des partiels et des projets étant "souvent démotivants", et les étudiants ayant plus de mal pour s'intégrer que ceux qui viennent de la prépa intégrée...

Vous pourriez me dire que cette information est erronée, vue que la diffusion des statistiques CTI 2018 ne montre pas un tel niveau d'abandon. Mais une fois qu'on connait certains mécanismes internes de l'EPITA, notamment le fait que l'inscription du cycle ingénieur n'est classiquement validée qu'après les premières semaines de cours, vous comprenez que de nombreux abandons ne sont pas comptabilisés. Et si vous rajoutez que certains étudiants "ayant abandonné en Février 2017" étaient toujours dans la liste de la promotion début 2018...

Donc personnellement je considère que la seule source d'information sur les statistiques de l'école fiable vient des Epitéens, qui connaissent leurs promotions et voient les effectifs évoluer au fil de années. La petite dizaine de témoignages d'étudiants rentrés en cycle ingénieur par voix // sont clairs et montrent la même réalité.

C'est un des diplomés EPITA de notre Comité de Rédaction qui m'a clairement donné la clef, alors que nous discutions sur différents cas d'abandons. Il disait : "Pour moi, il y a aussi un gros problème sur la compréhension de l'école. Epita n'est pas une école qui met l'accent sur la formation. Les étudiants doivent apprendre par eux-mêmes et ceux qui ne correspondent pas au profil sortent, d'où le grand nombre d'abandons."
 

Quelques témoignages très représentatifs

Nous avons suivi des dizaines de familles d'Epitéens qui sont rentrés directement en cycle ingénieur à l'EPITA après une prépa grande école classique ou après une licence réussie à l'université. L'un des parents concernés de la promotion 2019 a même intégré notre Comité de Rédaction afin de nous faire bénéficier de cette expérience si riche, et de nous aider à ajuster les messages / témoignages / articles de notre site. Sa fille a malheureusement abandonné en plein milieu d'ING1, malgré une forte mobilisation de nombreux anciens du blog. Heureusement elle a su rebondir dans une autre voie.

Ci joint un superbe témoignage que je trouve le plus parlant / le plus représentatif. Qui montre fort bien ce qui se passe pendant les premiers mois. J'adore la conclusion.

Article  : "Témoignage d'une famille découvrant l'ING1 en admission parallèle... pour finalement changer au bout de 4 mois".
 

Une toute autre réalité pour l'intégration en cycle ingénieur de l'EFREI

Une attention particulière à l'intégration d'étudiant n'ayant pas fait de prépa "informatique"

Avec plusieurs de ses camarades, ma fille a donc rejoint l'EFREI en début de cycle ingénieur. Il est très intéressant de comparer les deux démarches, et les résultats obtenus.

Premier grand changement, les étudiants n'ayant pas fait leur prépa intégrée à l'EFREI ne sont pas directement "mélangés" avec les étudiants ayant déjà passé 2 ans à suivre le cursus de cette école. Il y a en fait 2 "sous promotions" : les "L3" (3eme année de Licence) qui viennent de la prépa intégrée, et les "L3 New" qui rentrent à l'EFREI par admission parallèle. On trouve dans les "L3 New" des étudiants de prépa d'ingénieur classique, des étudiants venant de la fac ou d'IUT.

Le cursus pédagogique des "L3" et des "L3 New" est le même concernant le semestre d'échange à l'étranger (lui même très orienté informatique) mais il est adapté pour le second semestre de l'année.
C'est ainsi que les 130 "L3 New" commencent par étudier à VilleJuif, en suivant une "mise à niveau" en informatique tout en travaillant les autres matières du cursus (mathématiques, sciences de l'ingénieur, langues, ...). Puis ils vont faire un semestre à l'étranger "très orienté informatique" (avec Operating Systems, Web Programming, Networks and Protocols, Object-oriented Method with UML, C++ Programming).
Les "L3 New" profitent d'être en début d'année sur VilleJuif pour participer au grand week-end d'intégration qui regroupe toutes les promotions du Campus autour d'activité ludique et de découverte de l'école et de ses associations. Comme tous les jeunes rentrant en prépa ou intégrant l'école en courant de cursus.

Les "L3" eux partent en début de troisième année à l'étranger suivre le semestre "très orienté informatique" (leurs bases de prépa étant acquises) puis viennent faire un second semestre plus classique sur le campus de l'EFREI.

Les deux sous promotions sont ensuite "mélangées" dans les différentes majeures ouvertes au sein de l'EFREI pour la seconde année du cycle ingénieur (M1 - 1ere année de Master). Les étudiants choisissant des majeures plus ou moins techniques / plus ou moins informatiques en fonction de leur profils et de leurs projets de début de carrière.
 

Des résultats beaucoup plus convainquants

En Septembre 2018 les L3-New de la promotion de ma fille étaient 131. 
Sur les 131 Efrei de cette demi-promotion :
  • 6 ont compris que les études d'informatiques n'étaient pas forcément pour eux et on réorienté leurs études en dehors de l'EFREI.
  • 3 ont redoublé leur semestre de mise à niveau mais on réussi leur semestre à l'étranger.
  • 3 ont redoublé leur année du premier cycle ingénieur.
Après, comme dit ma fille, la majorité des étudiants n'a pas atteint un "niveau d'excellence en coding". Le niveau est clairement moins élevé que celui "demandé" aux étudiants de l'EPITA sur les projets mythiques tels que 42SH ou Tiger. Mais quand on voit les notes très faibles de très nombreux Epitéens du cycle ingénieur, on peut se demander si ces projets qui ont plus de 20 ans sont adaptés à des étudiants n'étant pas des "férus d'informatique". rappelons en effet que la scolarité du cycle ingénieur de l'EPITA  a été imaginé pour des étudiants sachant coder avant de rentrer en prépa intégrée. Le niveau "attendu" en courant de 3eme est donc "significatif". Et "pas toujours atteint".