Introduction

Un grand merci à Nathalie, maman médecin qui après avoir accompagné sa fille dans ses études pour devenir vétérinaire, a accompagné son second fils sur le cycle préparatoire puis le cycle ingénieur de l'EPITA. Le tout en étant à des heures de Paris. C'est elle qui aura proposé ce thème et permis de le rédiger.

En guise d'introduction je citerais quelques retours d'expériences de Parents d'Epitéens que je juge très éclairant :

  • "Tous les conseils résumant les 4 premiers mois en ING1 à l'EPITA sont pertinents."
     
  • "Attention à ne pas sous-estimer le rythme de travail demandé qui est prévisible, mais trop souvent sous-estimé."
     
  • "Nous attentions la piscine. Mais nous pensions qu'après cette période, le travail aurait été allégé ce qui ne fut pas vraiment le cas. Ce n'est qu'à partir de Janvier que les horaires semblent aller mieux. A moins que ce ne soit notre enfant qui est trouvé ses marques."
     
  • "Les informations dans cet article sont utiles. A noter que mon fils participait en plus à des challenges pour intégrer au labo de sécurité. Cela l’a fait beaucoup travailler (en plus de tout le reste), et il était super motivé mais finalement il n’a pas été sélectionné."
    Et oui, certains élèves choisissent de faire des activités optionnelles pendant ce premier semestre, soit au sein de l'Ecole, soit à côté. Peut-être faut-il vérifier qu'ils ne placent pas la barre trop haute pour eux.
     

Un semestre très particulier dans le parcours de l’EPITA

Nombreux sont les parents et les élèves qui ont entendu parler de la Piscine et de son rythme de travail très soutenu. Cet article n’en parlera pas directement, ce sujet étant déjà présenté dans notre article général : « Les grands enjeux à connaître par les parents pendant le cycle ingénieur ».

D’autres parents et élèves croient que ce rythme très soutenu ne durera que 2 semaines. Ce qui n’est clairement pas le retour ni des parents, ni des enfants.
En pratique les 4 premiers mois de l’année d’ING1 sont pour les élèves une nouvelle / très forte rupture dans leur parcours à l’école qui va nécessiter pour une majorité d’entre eux un énorme travail d’adaptation. Et tel est le sujet de cet article.

 

Une seconde accélération pour les élèves venant du cycle préparatoire EPITA

La majorité des jeunes élèves ingénieur de l’EPITA viennent de la prépa intégrée de l’école. Ils ont dû s’adapter au début du cycle préparatoire à un rythme de travail soutenu, classiquement  très différent de celui du Lycée. Ils ont dû apprendre à travailler sur des projets, en équipe. Ils ont dû comprendre la logique de remise des devoirs informatiques avec les mécanismes / outils fournis par l’école. Ils ont normalement dû apprendre à faire appel à leurs collègues de promotion, mais aussi à leurs professeurs et aux élèves des promotions suivantes en cas de difficulté. Mais tout ceci resté encore assez « scolaire » et globalement bien « organisé ».

Ils vont maintenant devoir s’adapter à un environnement encore plus exigeant, qui se veut proche de celui du monde professionnel (peut-être plus proche du monde des starts-ups que des grandes multi-nationales). Et c’est classiquement encore plus de travail, encore plus de projets à réaliser en parallèle des cours plus classiques, encore plus de travail en équipes (équipes choisies ou imposées).

La majorité des enfants vont devoir travailler très très durs jusqu’aux vacances de Noël. Il sera alors important de faire un vrai break avant de repartir sur le semestre suivant qui semble moins difficile si le bon rythme de travail est trouvé.
 

Un « choc culturel » très différent pour les élèves venant d’autres filières

Environ 10% des nouveaux élèves ingénieurs viennent d’autres filières, et principalement de classes préparatoires classiques. En complément des changements classiques que je viens de décrire dans le chapitre précédent, ces derniers vont devoir se mettre à niveau très rapidement tant au niveau « informatique », « outils et procédures EPITA, par exemple pour faire les devoirs informatiques » et créer leur réseau.

Cette intégration est classiquement plus complexe à gérer. Nous ne pouvons que recommander aux parents d’élèves d’échanger avec d’autres parents en cas de difficulté ou de doute.
 

Une période de travail très intensif que les élèves ingénieurs doivent gérer

Comme les sportifs de très bon niveau endurance, les étudiants rentrant en ING1 doivent comprendre qu’ils se préparent pour 4 mois de travail très intensif. Certaines nuits vont être (très) courtes, les périodes de repos (très) limitées.

En interviewant différents parents, dont certains médecins, cette période n’est pas unique à l’EPITA. Que se soit dans les plus grandes classes préparatoires visant les meilleures écoles ou les meilleures prépa médecine, on peut facilement trouver des élèves qui travaillent tout aussi dur que nos enfants Epitéens. Et dans le monde du travail les professionnels des hôpitaux travaillant par exemple aux urgences, ou encore les informaticiens de certaines start-ups ou grandes entreprises sont eux aussi très fréquemment soumis à de fortes périodes d’activités.

Mais il est important de comprendre que ce genre de période de fort travail doivent se gérer notamment : 

  • Il faut une hygiène de vie « correcte ».
  • Ne pas attendre d’être malades avant de soigner un petit rhume.
  • Faire des pauses régulières.
  • Avoir du soutien moral (que ce soit des amis ou de la famille). 
Voici quelques réflexions sur ces 4 thèmes.

Une hygiène de vie « correcte »

Quelques réflexions :
  • Une nuit blanche est très difficile à récupérer physiologiquement. Il faut souvent 1 jour ou 2 pour s’en remettre. Alors autant prendre le réflexe de dormir au minimum 2 ou 3 heures par jour en semaine + faire de vraie phase de récupération en cas de forte fatigue : une bonne nuit, par exemple le Dimanche, peut permettre d’être vite beaucoup plus efficace.
    Certains parents d’élève ont laissé en SUP leur enfant « tester » la nuit blanche pour qu’il « comprenne » qu’ensuite leur corps exigeait plusieurs jours de récupération. Tester ses limites avant la période de fort stress de la piscine peut permettre à l’étudiant de mieux anticiper les lignes rouges à ne pas dépasser.
     
  • De courtes siestes peuvent faire énormément de bien. La majorité des navigateurs en solitaires ont appris à faire une rapide sieste de 30 à 60mn qui s’avère souvent extrêmement réparatrice. Mais encore ne faut-il pas avoir à faire 30mn de trajet aller et 30mn retour pour en profiter.
    Certains parents nous expliquent que dans le milieu informatique ont voit parfois des collaborateurs se reposer rapidement pendant de très longues soirées / longues opérations pouvant durer tout un week-end. Mais attention à ne pas oublier le réveil.
     
  • Il faut donner à son corps les vitamines et les aliments dont il va avoir besoin. Certains parents nous ont rapporté que leur médecin leur avait conseillé par exemple de donner à leurs enfants des mélanges de fruits secs comme complément alimentaire. On peut le trouver sur certains marchés / dans certains magasins bio sous le nom de « Cocktail de fruits secs spécial étudiant ». Vous trouverez facilement la composition sur Internet. On peut également conseiller la consommation de légumes et de fruits frais.

Ne pas attendre d’être malade avant de soigner un petit rhume.

Quelques réflexions :

  • Quand le corps est fatigué il réagit très vite au moindre virus ou coup de froid. Attention à ne pas laisser trainer une grosse fatigue ou un début de maladie. Autant aller vite consulter, quitte à profiter de SOS Médecin ou des Urgences Médicales de Paris (qui gèrent plus de 1.000.000 d’appels par an et organisent plus de 450.000 visites annuelles à domicile, tous les jours de l'année, y compris les week-ends et jours fériés).  
     
  • Un étudiant peut dépasser ses limites sans s’en rendre compte, et s’écrouler physiquement à force d’en avoir trop fait. Il est alors intéressant de savoir écouter son corps, mais aussi de surveiller ses amis de la promotion.
    Une de nos parents d’élèves dont le fils a passé cette période très intensive d’ING1 et qui est médecin, nous a proposé de réfléchir à quelques petits conseils à connaitre.
     
  • Certains élèves étudiants ont des traitements à respecter / des « fragilités » à respecter. Là le conseil est clair : il faut en parler rapidement avec la direction des études, et aussi potentiellement aux « collègues proches » de l’élèves afin d’être vigilant et compréhensif.
    Nous avons quelques parents médecins avec qui nous avons échangé et qui sont prêts à répondre à vos éventuelles questions. N’hésitez pas à nous contacter pour partager vos doutes sur ce sujet.​

Faire des pauses régulières, potentiellement courtes

Savoir écouter son corps, et savoir faire des pauses régulières, que ce soit le week-end ou à d’autres moments propices, est indispensable pour gérer des périodes de gros travail sur plusieurs mois.

Car, travailler jusque tard dans la nuit engendre de la fatigue, qui entraîne une perte de concentration en cours / sur son projet, qui demande plus de travail à la maison, ce qui donne moins de temps pour les travaux à rendre, et donc on est obligé de re-travailler à la dernière minute et ainsi de suite… Joli cercle vicieux.

Thibault de Saint Pol, passé par la case prépa, a intitulé son roman racontant ses années hypokhâgne / khâgne « N’oubliez pas de vivre ».  Preuve que les équations différentielles, les gros projets informatiques ou les devoirs de littérature c’est bien sympa mais qu’il faut savoir dire STOP à un moment.

Que ce soit un samedi après-midi consacré à la pratique d'un instrument de musique ou bien un dimanche matin passé à la faire du sport : prenez (un peu de) temps pour décompresser et faire tout autre chose.

Vous pouvez même en profiter pour passer du temps avec vos amis de l’école, à partir du moment où ce n’est pas dans l’une des salles informatiques.

Avoir du soutien moral (que ce soit des amis ou de la famille)

Encore une fois, ce conseil peut paraître étrange (voire même déplacé). Mais il est important de savoir que la solitude n’est jamais bonne en ING1 ou en prépa. Parler de ses états d’âme, décompresser après les cours ou retravailler des devoirs ratés : rien de tel que des camarades bienveillants pour alléger sa charge de travail. Et à l’EPITA, contrairement aux classes préparatoires classiques, les collègues ne sont pas des rivaux potentiels pour les prochains concours.

Et puis bien entendu il y a la famille. Certains parents n’hésitent pas par exemple à prendre une RTT pour être un peu présent lors de la fameuse piscine. Et on peut en profiter pour joindre l’utile et l’agréable et prendre un peu de temps pour un vrai repas plutôt que le fast food qui risque d’avoir été « pratiqués » plusieurs fois. D’autres parents en profitent pour amener «  de bons petits plats » à manger un peu plus tard.

Sachez aussi que certaines associations d’élèves de l’EPITA viennent « encourager » leurs membres présents lors de la piscine. Cela peut être autour d’une soirée crêpe ou d’un barbecue permettant à l’étudiant de décompresser un peu pendant la période de stress.
 

Et il faut apprendre à gérer une grosse charge de travail

Autant il est important de savoir « tenir la pression » / « le rythme », autant il est aussi fondamental de savoir être efficace et de s’organiser. Surtout en informatique ou un travail parfait / « 0 défauts » est souvent quasi impossible à atteindre. Il faut donc savoir travailler vite et bien, chercher la qualité mais pas la surqualité, et savoir débloquer les situations / problèmes (si classiques en informatiques) en sachant utiliser les jokers types « appel à un ami » ou encore « vous pouvez confirmer la question ».

L'un des conseils qu'on donne au jeunes dans certaines entreprises est simple : "Si tu es bloqué, au bout de 5mn demande à ton voisin. Et si ton voisin sait pas, alors demande à Google.". Je m'applique ce conseil quotidiennement dans mon métier, surtout sur des sujets qui bougent tout le temps. Mais attention : si vous venez avec des questions mal "ciblées", vos voisins ne seront pas forcément d'une grande aide, et Google vous donnera plein de conseils inutiles. C'est donc tout un art que de savoir se débloquer. Peut-être beaucoup plus important que de savoir résoudre les projets. Et n'oubliez pas que si vous voulez être aidés, alors il faut savoir aussi donner en retour...
 

Penser à régler son horloge biologique

Vous ne vous sentez pas reposé lorsque vous vous réveillez ? Vous avez tendance à vous endormir facilement dans la journée ? Alors c’est probablement que vous manquez de sommeil, ou que celui-ci est de mauvaise qualité. Il faut donc régler votre horloge biologique qui est calée sur votre rythme de vie : l’heure du coucher, du réveil, des repas… Et oui, tous ces éléments sont des facteurs déterminants pour parvenir à bien dormir !

Désormais, il va falloir veiller à se coucher et à se lever à peu près aux mêmes heures chaque jour… Et même si l’on décale l’heure du coucher de quelques heures le week-end, il faut tout de même mettre son réveil pour ne pas trop décaler l’heure du lever ! Deux nuits suffisent à dérégler l’horloge interne. Oui, l’idée de vouloir récupérer le week-end n’est donc pas une bonne idée, ni la solution ! « C’est l’heure du lever qui est très importante. Si l’on dépasse l’heure habituelle, l’organisme risque de consommer du sommeil dont il n’a pas besoin », souligne le Professeur Paquereau. En gros, si vous êtes du genre à faire la fête jusqu’au petit matin, ne dormez pas jusqu’à 14 h ! Forcez-vous à vous lever ! C’est cruel, mais c’est pour votre bien !

L’avantage, c’est que vous aurez droit de faire une sieste. Mais attention pas pendant des heures ! Selon le Professeur Paquereau, « la sieste du début d’après-midi est bénéfique. Dormir 10 minutes peut ainsi remettre sur pied un étudiant pour le reste de la journée ».